Un salarié RTE – sapeur-pompier volontaire témoigne de son quotidien particulier en période de Covid-19

Xavier Noyel, chargé d’études chez RTE est pompier volontaire. Comme d'autres salariés de RTE , il bénéficie d’une convention de partenariat entre RTE et le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) afin de lui permettre de mener à bien son engagement personnel. En cette période exceptionnelle, Xavier, en accord avec son manager, a augmenté son nombre de gardes pour venir en renfort de ses collègues du SDIS très fortement mobilisés.


Comment organises-tu ton activité entre ton travail à RTE et ton engagement personnel comme pompier volontaire ?


Je suis sapeur-pompier volontaire depuis 2010. J’ai signé une convention de partenariat avec Rte et le SDIS 78. Grâce à cette convention, je peux notamment libérer du temps pendant mes heures de travail pour suivre les formations nécessaires aux maintiens des compétences et/ou à l’avancement tous les ans. Je suis rattaché à la caserne de Maisons-Laffitte qui réalise 2200 interventions par an environ. La caserne se compose pour moitié de pompiers volontaires et pour moitié de pompiers professionnels ou ayant le double statut. Je réalise mes gardes de 12 ou 24h pendant les week-ends ou jours fériés. J’ai notamment à cœur de former les jeunes sapeurs-pompiers volontaires (13-17 ans) tous les dimanches matins en leur enseignant les bases du métier (lutte contre les incendies et utilisation du matériel).
 

Comment es-tu mobilisé en cette période particulière ?


J’ai été contacté par la caserne car ils étaient à la recherche de personnels supplémentaires notamment en semaine. En effet, comme la moitié du personnel est composée de pompiers volontaires qui sont souvent pompiers professionnels également, ils ont tous été mobilisés dans leurs casernes dès le début de l’épidémie de COVID-19. C’est plus d’un tiers de l’effectif en moins! J’ai donc échangé avec Loic, mon responsable, qui, partageant ce sens du service, m’a donné son accord pour renforcer mon engagement. Du coup, j’ai pu répondre favorablement à la sollicitation de la caserne. Sur mars, j’ai réalisé 6 gardes de 24h et déjà 8 gardes de 24h en avril mais sur la semaine au lieu des week-ends.
 

Comment vis-tu cette période particulière ?


Humainement, c’est riche. Nous sommes solidaires. Des protocoles sont établis – on se remplace, on se soutient, c’est de la cohésion. Ça fait du bien en cette période même si j’avoue que c’est assez fatigant. D’habitude quand je fais une garde de 24h, j’arrive à dormir quelques heures à la caserne. Depuis le début de l’épidémie, je ne dors qu’une heure ou deux par garde. Les interventions sont plus longues que d’habitude et surtout nous avons des procédures très particulières à suivre. C’est assez contraignant car quand vous intervenez sur un secours dit normal et qu’après quelques minutes sur les lieux, la personne présente des signes de coronavirus, l’intervention peut changer totalement. Il a donc fallu mettre en place des gestes barrières, toujours porter un masque, engager un minimum de personnel au contact des victimes, porter des EPI spécifiques et passer par le sas de décontamination à chaque retour d’intervention en plus de la désinfection méticuleuse de nos tenues et matériels. Cela a soulevé pas mal de questions lors des premières semaines. Mais on voit une amélioration, il y a moins d’interventions liées au COVID-19 depuis quelques jours.
 

Une dernière chose à partager ?


Beaucoup d’entreprises n’ont pas de convention de partenariat avec le SDIS. C’est pourtant ce document qui nous a permis de renforcer mes disponibilités. Ainsi, l’implication des entreprises représente une opportunité pour faciliter l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires. Il y a aussi l’importance de la compréhension de mes proches et particulièrement de ma compagne qui accepte que je prenne des risques et qui par conséquent en prend aussi. Je les remercie pour ça.